PRÉFACE
La méthode décrite dans ces pages n’est pas, comme
certains critiques de la première édition l’ont prétendu, le
produit de conceptions théoriques plus ou moins réalisables
destinées à provoquer la clairvoyance chez les lecteurs
soucieux de l’expérimenter. Elle est, au contraire,
essentiellement positive, puisqu’elle est la conclusion de
quelques milliers d’expériences entreprises durant une
vingtaine d’années sur un nombre considérable de sujets de
toute sorte. Les moyens indiqués sont la conséquence de
multiples observations, et ceux qui les ont appliqués ont
obtenu des résultats remarquablement concordants avec les
miens.
D’autres personnes ont regretté que la méthode nécessite
un instructeur et ne donne pas les moyens de développer la
clairvoyance par soi-même. Cela n’est pas à souhaiter.
Certaines faces orientales, il est vrai, obtiennent la vision
subjective par un entraînement personnel, mais cela résulte
d’une faculté innée, plutôt rare dans les races occidentales. Un
développement sans instructeur risque de rendre le cerveau
réceptif à des courants mauvais et déséquilibrés, qui
déterminent les illusions trompeuses accompagnées de
troubles nerveux susceptibles de devenir très graves ; tandis
que ce danger disparaît avec l’instructeur, pourvu qu’il soit
soucieux de conduire les images avec logique et régularité,
d’éviter les questions décousues, ainsi que tout ce qui peut
occasionner une fatigue ou un état pénible, et de provoquer
chez le sujet des états d’équilibre et de calme de plus en plus
complets. Non seulement le développement normal ne
provoque aucun trouble, mais au contraire, il perfectionne
l’état physique et moral du sujet et assure même sa guérison
ou l’atténuation de son mal lorsqu’il est souffrant.
Enfin cette méthode ne doit nullement ses succès à mon
action personnelle, comme on l’a également prétendu. Elle
dépend évidemment des aptitudes du sujet, mais elle est
efficace avec tout instructeur, pourvu qu’il en applique
soigneusement les règles. Elle est comparable à une méthode
de dessin ou de musique, dont l’application dépend de l’élève
et du professeur, mais qui donne toujours des résultats. Elle
s’exerce mal avec les personnes frustes, mal cultivées ou
versatiles. Par contre, elle produit des effets remarquables avec
les personnes évoluées, surtout avec celles qui savent garder
une sérénité constante ou qui possèdent un désir sincère
d’élévation morale ; en définitive, elle apporte à tous, avec plus
ou moins de puissance, des états subjectifs nouveaux et
supérieurs, car elle est une véritable culture psychomentale.
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